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Heng Samrin
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Heng Samrin, né le 25 mai 1934, est un homme politique cambodgien.

Ancien commandant de division khmer rouge, il s'enfuit au Viêt Nam en 1978 pour échapper aux purges menées par ses anciens mentors.

Il prend la tête du gouvernement mis en place à Phnom Penh par les troupes vietnamiennes au début de 1979 et reste officiellement chef de l'État jusqu'en 1992, même si à partir de 1985, le pouvoir effectif sera exercé par le Premier ministre Hun Sen.

Il est aussi l'un des dirigeants à titre honorifique du Parti du peuple cambodgien, qui participe au pouvoir de façon continue depuis 1979.

Contents

Notes

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Biographie

Il est né au sein d’une famille paysanne, le 25 mai 1934, dans la province de Kompong Cham. Après une scolarité sommaire, au début des années 1950, il entre dans un groupe en lutte contre le pouvoir colonial français et dans lequel il côtoie des combattants communistes dont il rejoindra le mouvement à une date inconnuecite-ref-kane-ddkr-p149-2-0[1].

En 1954, les accords de Genève confirment l’indépendance du Cambodge, acquise en 1953, mais surtout amène à l’éclatement du Parti communiste khmer entre les militants qui choisissent de partir au Viêt Nam du Nord, ceux qui restent dans le maquis et ceux qui choisissent d’intégrer la vie politique du royaume au sein du « Pracheachon » créé pour l’occasion et qui participera aux élections générales. Heng Samrin fera l’expérience de ces trois composantescite-ref-chandler-1993-ttochpwars-p74-3-0[2].

En effet, il part à Hanoï en 1954 pour parfaire son éducation idéologique avant de rentrer en 1956 au Cambodge et d’intégrer le Pracheachon, puis de prendre le maquis en 1967, après les émeutes paysannes de Samlaut. Dans cette guérilla que Norodom Sihanouk appellera bientôt khmère rouge, il fait partie de la faction dite des khmers Hanoï, ces quelque 1 500 combattants formés par les Nord-Vietnamiens et donc proches d’eux, installés dans des bases à l’est du pays et notamment sur la partie cambodgienne de la piste Hô Chi Minh. Il gravit petit à petit les échelons de l’armée révolutionnaire du Kampuchéa jusqu’à accéder, le 12 janvier 1968, au grade de commandantcite-ref-4[3].

À la fin des années 1960, les combats s’intensifient contre le pouvoir de Norodom Sihanouk, mais tout change le 18 mars 1970, lorsque ce dernier est renversé. L’ennemi d'hier devient l’allié et le nouvel adversaire est le régime de Lon Nol, soutenu par les États-Unis. Ce changement atténue, au moins pour un temps, les rivalités entre les partisans et les adversaires du régime de Hanoï, ce qui permet à Heng Samrin de poursuivre son ascensioncite-ref-chandler-1993-ttochpwarsn-p193-200-5-0[4].

Commandant du 173e régiment de l’armée révolutionnaire de libération, il s’empare en février 1975 de la ville de Neak Loeung et coupe la dernière voie d’approvisionnement de la capitale qui ne peut plus compter que sur un pont aériencite-ref-kane-ddkr-p149-2-1[1].

Deux mois plus tard, il contribue à la prise de Phnom Penh, le 17 avril 1975, avant d’être nommé, au début de 1976, commandant de la 4e division de la zone Est du Kampuchéa démocratique et commissaire politique. Il n'existe pas de témoignages le mettant personnellement en cause dans des massacres commis à l'encontre de la population dans la zone Est, où le régime Khmer rouge se montre nettement moins meurtrier qu'ailleurscite-ref-6[5]. Toutefois, ses troupes sont régulièrement impliquées dans des incursions en territoire vietnamien et le massacre de populations civiles dans les villages de la province de Tây Ninhcite-ref-7[6].

En 1977, il participe sous les ordres de So Phim à une grande offensive contre le Viêt Nam qui se solde par un écheccite-ref-kane-ddkr-p150-8-0[7].

Impliqué — à tort ou à raison — dans une rébellion avortée contre Pol Pot et par crainte d’être éliminé (les purges feront 100 000 victimes dans la zone Est, dont Heng Thal, frère de Heng Samrin), il quitte le Cambodge le 25 mai 1978 et se réfugie au Viêt Namcite-ref-9[8].

Le 2 décembre 1978, il fait partie des 14 fondateurs du Front uni national pour le salut du Kampuchéa, soutenu par le Viêt Nam et l’URSS. Étant le plus haut gradé parmi ces membres fondateurs, il en est tout naturellement nommé président. Il met alors sur pied des maquis au Cambodge, mais s’aperçoit rapidement qu’il ne pourra vaincre sans l’aide des Vietnamienscite-ref-niu-seasite-khmer-biographie-samrin-10-0[9].

Le régime de Pol Pot tombe au début de 1979 sous les coups de boutoir de l’armée vietnamienne et le 7 janvier, Heng Samrin prend la tête d’un nouveau gouvernement d’obédience communiste et largement contrôlé par les autorités de Hanoï qui laissent quelque 180 000 militaires et conseillers au Cambodge. Cette influence vietnamienne sera renforcée par un traité d’amitié et de coopération, le 18 février 1979cite-ref-11[10].

Il devient président du Conseil révolutionnaire du peuple de la nouvelle République populaire du Kampuchéa et restera à la tête de l'État pendant plus de 12 ans. En 1981, il devient président du Conseil d'État (présidence collégiale) et, en décembre de la même année, secrétaire général du Parti révolutionnaire du peuple du Kampuchéa, alors parti uniquecite-ref-12[11].

Alors qu’il est au début le leader du gouvernement, il perdra sa prédominance à la suite de plusieurs échecs qui lui seront attribués. Il refuse notamment jusqu’à la fin de 1979 l’acheminement de l’aide humanitaire occidentale afin d’affamer les régions sous le contrôle de la guérilla khmère rouge. Il ne pourra pas non plus faire reconnaître la République populaire du Kampuchéa en dehors des pays sous influence soviétique et surtout, ne pourra jamais siéger à l’ONU qui continuera à considérer les khmers rouges comme les seuls à même de représenter le Cambodge. Surtout, si le pays est complètement ravagé, les efforts de reconstruction sont contrariés par la guerre qui perdurecite-ref-kane-ddkr-p150-8-1[7]. De même, si le nouveau régime peut être considéré comme moins brutal que son prédécesseur khmer rouge, les atteintes aux droits de l’homme restent fréquentes et font régulièrement l’objet de rapports de la part d’ONG telles qu’Amnesty Internationalcite-ref-13[12].

Son étoile commence à faiblir avec l’accession d’Hun Sen au poste de Premier ministre, le 14 janvier 1985. En 1991, la paix avec la guérilla semble proche et Heng Samrin participe aux accords de Paris en tant que représentant du pouvoir en placecite-ref-14[13].

Avec le départ des Vietnamiens, dont il fut pour beaucoup le protégé - voire l’homme de paille -, il sera remplacé à la tête de l’État le 23 octobre 1991 par Norodom Sihanouk et, toujours en octobre 1991, cédera la direction du Parti du peuple cambodgien (nouveau nom du Parti révolutionnaire du peuple du Kampuchéa) à Chea Simcite-ref-15[14].

En 1993, lorsque Norodom Sihanouk retrouve son trône, il est nommé président honoraire du Parti du peuple cambodgien dirigé par Hun Sencite-ref-16[15]. En 1998, il devient vice-président de l’Assemblée nationale, avant d’accéder, en 2006, au poste de président de la chambre bassecite-ref-17[16]. Il reste en fonction pendant 17 ans jusqu'à son remplacement par Khuon Sudary en 2023cite-ref-18[17].

Notes et références

• (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Heng Samrin » (voir la liste des auteurs).

Notes

cite-note-11. Président du Conseil révolutionnaire jusqu'en 1981.

Références

cite-note-kane-ddkr-p149-21. kane2007Solomon Kane (trad. de l'anglais par François Gerles, préf. David Chandler), Dictionnaire des Khmers rouges, IRASEC, février 2007, 460 p. (ISBN 9782916063270), « Heng (Samrin) », p. 149
cite-note-chandler-1993-ttochpwars-p74-32. chandler1993(en) David Porter Chandler, The Tragedy of Cambodian History : Politics, War, and Revolution Since 1945, Yale University Press, 2 août 1993, 414 p. (ISBN 9780300057522, présentation en ligne), chap. 2 (« Political Warfare 1950 – 1955 »), p. 74
cite-note-43. bartrop2012paul-r-bartrop2012(en) Paul R. Bartrop, A Biographical Encyclopedia of Contemporary Genocide : Portraits of Evil and Good, Santa Barbara (Calif.), ABC-CLIO, 6 juillet 2012, 403 p. (ISBN 978-0-313-38678-7, lire en ligne), p. 122
cite-note-chandler-1993-ttochpwarsn-p193-200-54. chandler1993(en) David Porter Chandler, The Tragedy of Cambodian History : Politics, War, and Revolution Since 1945, Yale University Press, 2 août 1993, 414 p. (ISBN 9780300057522, présentation en ligne), chap. 6 (« Sliding toward Chaos 1970 - 1975 »), p. 193-200
cite-note-65. kiernan1998ben-kiernan1998Ben Kiernan (trad. Marie-France de Paloméra), Le génocide au Cambodge, 1975-1979 : race, idéologie et pouvoir [« The Pol Pot regime: race, power, and genocide in Cambodia under the Khmer Rouge, 1975-79 »], Gallimard, coll. « NRF essais », 12 avril 1998, 730 p. (ISBN 978-2-07-074701-6), p. 254
cite-note-76. locard2013Henri Locard, Pourquoi les Khmers rouges, Paris, Éditions Vendémiaire, coll. « Révolutions », 13 février 2013, 352 p. (ISBN 9782363580528, présentation en ligne), « Après le totalitarisme », p. 311
cite-note-kane-ddkr-p150-87. kane2007Solomon Kane (trad. de l'anglais par François Gerles, préf. David Chandler), Dictionnaire des Khmers rouges, IRASEC, février 2007, 460 p. (ISBN 9782916063270), « HENG (Samrin) », p. 150
cite-note-98. chanda2000nayan-chanda2000Nayan Chanda (trad. Michèle Vacherand & Jean-Michel Aubriet), Les frères ennemis : la péninsule indochinoise après Saigon [« Brother enemy : the War After the War »], Éditions du CNRS, 2000, 368 p. (ISBN 978-2-87682-002-9), « 8 Le feu aux poudres », p. 217-220
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cite-note-1110. cesari2000laurent-cesari2000Laurent Cesari, L'Indochine en guerres 1945-1993, Belin, coll. « Histoire Belin Sup », 20 avril 2000, 320 p. (ISBN 978-2-7011-1405-7), p. 264-265
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cite-note-1413. hunt2011luke-hunt2011(en) Luke Hunt, « Heng Samrin, Man of the People », The diplomat,‎ 21 septembre 2011 (lire en ligne, consulté le 21 décembre 2014)
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cite-note-1817. sokunthea2023neang-sokunthea2023(en) Neang Sokunthea, « Sudary becomes first woman to head National Assembly », sur phnompenhpost.com, Phnom Penh Post, 10 août 2023 (consulté le 25 septembre 2023).

Liens externes

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